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EN Résidence

nicolas paul chorégraphie

frédéric vaysse-knitter piano

CAMILLE BRuLAIS DANSE

JULIETTE HILAIRE DANSE

josÉphine vernay poésie

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CRÉATION LE 24 juillet 2021

Musique à Beauregard accueillait en 2021 en résidence Joséphine Vernay. Plusieurs mois d’écriture, et la promesse d’ici l’été d’une édition originale, celle d’un recueil de poèmes composé pour Musique à Beauregard et dédié à la seule raison de vivre : l'amour. Parallèlement, et autour de textes écrits par Joséphine pour l'occasion, le chorégraphe Nicolas Paul et le pianiste Frédéric Vaysse-Knitter collaborent sur le projet d'un récital de piano mis en espace et dansé.

Porté sur scène le 24 juillet 2021, le spectacle est aujourd'hui proposé à d'autres théâtres et productions.

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Définir ce qu’est l’amour est une entreprise ardue. Si on cherche à en dresser la carte, ses limites, semblent soit trop vastes soit trop restrictives. Si on en cherche l’épicentre, la définition retenue semble réfutée par des cas particuliers. Heureusement le rôle du chorégraphe n’est pas celui du philosophe. Il ne tend qu’à percevoir, s’approprier, partager et faire ressentir, en égrainant les langages des corps. Libre à lui d’errer en ces lieux, à condition peut-être de ne pas se perdre ou tout du moins de savoir y inventer un chemin.

 

« On sait bien que les poètes n’écrivent pas sur ce dont ils possèdent la connaissance, mais sur ce dont ils n’ont pas le fin mot. », nous dit Patrick Süskind. Ce qui est vrai pour ceux qui écrivent des mots l’est aussi pour ceux qui écrivent des gestes.

 

Danse et amour forment un couple qui nous parait naturel. Mais ce naturel devrait être questionné. Peut-être nous vient-il à l’esprit le duo qu’ils formaient dans les grandes œuvres romantiques ? Mais lier la danse uniquement aux sentiments amoureux et à l’amour tragique c’est oublier qu’en d’autres temps, on dansait en groupe dans le chœur ou sur le parvis des églises pour célébrer l’amour divin.

 

Pourtant là aussi bien des aspects de ce couple nous échappent encore. La lecture de David Wahl permet de saisir en quoi danse et amour sont liés de manière bien plus archaïque. « La bipédie est la danse fondatrice de tout homme » nous dit-il.  En admettant sa proposition, on saisit mieux la liaison qu’entretiennent danse et amour. Se redresser, jouer de son déséquilibre pour marcher est un apprentissage. Il relève de l’acquis et non de l’inné. Là, peut-être, touchons-nous aux fondations de ce lien : « notre première et universelle chorégraphie », pour reprendre les mots de l’auteur, se transmet dans l’amour.  Ce premier pas de danse fondateur et libérateur s’apprend à condition d’être aimé, d’aimer et de s’aimer.

 

S’il vous plait chers auditeurs, chers spectateurs, n’y voyez pas là une pièce ou une œuvre chorégraphique, encore moins un ballet, mais bien un récital qui façonne un langage poétique du corps et des mots. Pendant ces errements, laissez-vous libre de l’usage de vos sens. Peut-être aurez-vous envie parfois de fermer les yeux et de suivre la musique dans le dédale de ses paysages d’émotions avant que votre regard ne revienne à la réalité des corps en mouvement. Parfois aussi, si je n’ai pas failli, aurez-vous envie d’écouter la danse et de regarder la musique.

 

Nicolas PAUL

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Répertoire MUSICAL 

Frédéric VAYSSE-KNITTER, piano (56 minutes)

Debussy, Danseuses de Delphes (3'30), Prélude à l'après-midi d'un faune (11'30)

Liszt, Saint François de Paule marchant sur les flots (8'30)

Debussy, Serenade for the Doll (3'30)

Schumann, Arabesque (8'30)

Prokofiev, Roméo & Juliette, Danse des Chevaliers (2'30)

Wagner/Liszt, Marche de Parsifal (6'00), La mort d'Isolde (8'30)

Bach, Jésus, que ma joie demeure (3'00)

SOTTO VOCE

Publié aux éditions du Mont-Ailé en juin 2021

Poésie originale de Joséphine VERNAY